Fiche pédagogique: l'identité de genre

Les fiches pédagogiques qui accompagnent chacun des épisodes du balado s’adressent principalement aux intervenant.e.s de milieu jeunesse et ont pour objectif de les renseigner sur les enjeux liés à la sexualité humaine, et plus spécifiquement ceux de la diversité sexuelle et de genre.

Retrouvez le contenu de la fiche d’intervention ci-dessous, ou en version PDF téléchargeable.

L’épisode 4 du balado Seggs* sur l’identité de genre se trouve ici.

Seggs* est un projet de Les 3 Sex*, financé par le Bureau de lutte contre l’homophobie et la transphobie du Québec/Secrétariat à la condition féminine.

 

 

Quels sont les impacts de nos biais en tant que professionnel.le.s, sur les jeunes?

Dans la littérature scientifique, on peut retrouver plusieurs articles traitant des conséquences de la transphobie en milieu scolaire (McBride, 2021). Cependant, les jeunes trans et/ou non binaires subissent aussi des micro-agressions au quotidien, qui relèvent davantage de la cisnormativité (McBride, 2021). Comme définit dans la fiche pédagogique de l’épisode 1 « La sexualité », la cisnormativité correspond au fait de prendre pour acquis que tou.te.s sont cisgenres, et que les personnes cisgenres sont « supérieures » aux personnes trans et/ou non binaires (Killermann, 2017).

Les études ont démontré que les jeunes trans et/ou non binaires vivaient cette discrimination à l’école, que ce soit de la part de leurs camarades ou du personnel, notamment en renforçant les normes de genres, ou en les mégenrant* (McBride, 2021). Bien qu’elles soient subtiles, les microagressions cisnormatives ont un grand impact sur les jeunes. En effet, l’étude de McBride (2021) souligne plusieurs conséquences, telles que de ne pas voir l’école comme un endroit sécuritaire, de vivre de la stigmatisation (de l’exclusion), d’avoir peur de dévoiler son identité, de développer de l’anxiété ainsi que de vivre des inégalités au niveau éducatif. C’est pour cela qu’en tant que professionnel.le.s, il est important de prendre conscience de nos biais quant aux diverses identités de genre, afin de mieux intervenir auprès des jeunes.

*ne pas utiliser les bons pronoms et accords de la personne.

 

Comment soutenir les jeunes dans leur quête identitaire?

Une fois que nous avons pris conscience de nos biais et que nous souhaitons y remédier, des ressources sont disponibles pour nous aider.

En effet, le texte Lignes directrices relatives aux élèves transgenres de la Commission scolaire de Montréal soulève six mesures à prendre afin d’offrir une expérience plus positive aux élèves trans et/ou non binaires:

+ 1 : « Soutenir l’élève dans sa démarche »;
+ 2 : « Utiliser le prénom et le pronom choisi par l’élève »;
+ 3 : « Tenir des dossiers conformes aux pratiques juridiques et à la réalité du terrain »;
+ 4 : « Permettre à l’élève de porter des vêtements qui cadrent avec l’expression de son identité de genre »;
+ 5 : « donner le choix à l’élève d’utiliser les toilettes et les vestiaires conformément à son identité de genre »;
+ 6 : « favoriser la pleine participation de l’élève aux cours d’éducation physique et aux activités parascolaires » (Commission scolaire de Montréal, 2016).

 

Lexique de l’épisode

Une personne cisgenre est une personne dont le sexe assigné à la naissance correspond à son genre actuel. Par exemple, on peut penser à quelqu’un qui a été assignée fille à la naissance, et qui se définit en vieillissant toujours comme femme (Killermann, 2017).

Une personne trans, quant à elle, est une personne qui s’identifie maintenant à un genre différent du sexe qui lui a été assigné à la naissance. Bien que la personne puisse avoir une transition binaire (d’homme à femme, de femme à homme), elle peut aussi s’identifier à tout autre genre (Killermann, 2017).

La non-binarité correspond au fait de ne pas s’identifier – ou pas exclusivement – au genre féminin ou masculin. Certaines personnes non binaires se qualifient de trans, mais pas toutes (Conseil québécois LGBT, 2023).

La transphobie se définit par une peur ou de une discrimination envers les personnes trans. Elle peut être traduite par des pensées, des paroles, des gestes ou des intentions négatives envers les personnes trans (Killermann, 2017).

→ Alors que la transphobie correspond davantage à des discriminations flagrantes et plus violentes, les micro- agressions, elles, sont une forme beaucoup plus subtile. Elles correspondent à des actions ou commentaires porteurs d’un message négatif, mais qui sont parfois faits de manière inconsciente ou non intentionnelle de la part de la personne qui en commet (Nadal et al., 2016). Ce sont bien souvent les minorités qui en sont victimes, dont les personnes de la diversité sexuelle et de genre.

Voici quelques exemples de micro-agressions :

  • insulter quelqu’un en utilisant un terme de la diversité sexuelle,
  • assumer qu’une personne bisexuelle veut avoir une relation sexuelle avec un couple hétéro,
  • invalider des expériences homophobes vécues par une personne homosexuelle, etc. (Nadal et al., 2016).

Mégenrer une personne signifie qu’on lui attribue un genre qui ne correspond pas à son identité de genre. Cela peut être fait volontairement ou non, et en présence de la personne concernée ou non (OQLF, 2021).

La stigmatisation se définit par le fait d’exclure quelqu’un, ou de le/la mettre à l’écart, sur la base de « différences présentées » par cette dite personne. C’est aussi le fait de dévaloriser une personne à cause de ces « différences » (Arfeuillère et Saget, 2023).

 

Réflexions

Cette section se veut un levier de réflexions pour les professionnel.le.s oeuvrant auprès des jeunes. Voici quelques questions sur l’identité de genre qui favoriseraient une introspection afin d’améliorer ou bonifier vos approches professionnelles d’intervention en éducation à la sexualité.

  • Comment définirais-je mon identité de genre? (Vous n’êtes pas autorisé.e à faire référence à vos caractéristiques sexuelles)
  • Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre identité de genre?
  • Comment votre identité de genre a-t-elle impacté votre vie?
  • Comment est-ce que mon identité de genre peut influencer mon rapport aux différentes identités des jeunes?
  • Est-ce que mon milieu adopte des actions pour qu’il soit plus inclusif des jeunes trans et/ou non binaires? De quelle(s) façon(s) cela est démontré ou appliqué?
  • Comment pourrais-je favoriser l’autonomie des jeunes queer dans leur recherche/quête identitaire?

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